05:18 16-12-2025
Accord Disney–OpenAI: licences d’IA pour Sora et ChatGPT
© E. Vartanyan
Disney signe un accord avec OpenAI: licences sur 200 personnages pour Sora et ChatGPT. Détails du contrat, usages autorisés, impact sur Disney+ et le marché.
Walt Disney et OpenAI ont scellé un accord que beaucoup considèrent déjà comme un point d’inflexion pour le divertissement et la technologie. Il ouvre la voie à l’utilisation sous licence des personnages emblématiques de Disney dans des outils d’IA générative — à commencer par Sora pour la vidéo et le générateur d’images de ChatGPT.
Jusqu’ici, Disney défendait fermement ses droits d’auteur, s’opposant aux usages non autorisés de ses personnages en ligne et reprochant aux développeurs d’IA d’entraîner leurs modèles sur des contenus protégés. Le geste marque donc un changement de cap.
Ce que prévoit l’accord
D’après les informations publiées, Disney a signé avec OpenAI un contrat de licence d’une durée d’environ trois ans. Dans ce cadre, OpenAI obtient le droit d’utiliser plus de 200 personnages issus de Disney, Pixar, Marvel et Star Wars pour générer des images et de courtes vidéos.
Concrètement, les utilisateurs de Sora et de ChatGPT pourront créer, à partir de simples requêtes textuelles, des contenus mettant en scène des héros familiers. Le périmètre reste circonscrit aux ressemblances visuelles : les voix d’acteurs et l’image de personnes réelles ne sont pas concernées.
Disney investit également environ un milliard de dollars dans OpenAI et devient l’un des grands clients entreprises de la société. En interne, le groupe prévoit d’adopter des outils d’IA dans ses processus et ses produits numériques, dont la plateforme de streaming Disney+.
Comment cela pourrait fonctionner
Ces nouvelles possibilités devraient être déployées après le lancement complet de Sora. Les utilisateurs pourront produire de courtes vidéos pour les réseaux sociaux ou des illustrations avec des personnages Disney, dans une variété de styles et de petites histoires.
Il est aussi question d’une section dédiée aux contenus générés par l’IA sur Disney+, même si les détails restent pour l’instant confidentiels.
Un cadre d’utilisation précis s’appliquera toutefois aux personnages. Il ne s’agit pas d’une permission générale et sans limites couvrant l’ensemble de la propriété intellectuelle de Disney.
Pourquoi Disney change de braquet
Selon les analystes, l’accord reflète une dynamique plus large : l’IA générative progresse plus vite que les lois et les décisions de justice, ce qui complique la tâche des grands détenteurs de droits qui cherchent à en freiner la diffusion.
Plutôt que de miser sur les interdictions et les procès, Disney opte pour un modèle contrôlé et commercial. Le groupe conserve son influence sur la manière dont ses personnages apparaissent, tout en accédant à de nouvelles technologies et à des sources de revenus potentielles. Le mouvement ressemble moins à un recul qu’à une adoption calculée d’une tendance durable.
Ce que cela implique pour le marché
L’accord Disney–OpenAI pourrait servir de modèle à d’autres grands acteurs des médias. Il montre que les détenteurs de droits commencent à s’adapter à une réalité façonnée par l’IA, plutôt que de s’y opposer frontalement.
Le débat sur la propriété intellectuelle n’en est pas clos pour autant ; il apparaît au contraire que le marché glisse vers des licences et des partenariats, au lieu d’interdictions pures et simples des outils génératifs.
En somme, la décision envoie un signal clair au secteur : l’intelligence artificielle s’installe dans l’économie des médias, et les poids lourds choisissent d’y travailler de manière structurée.